Les liens achetés, échangés et semés
Google traite un lien comme une recommandation. Acheter des liens, les échanger en masse ou les semer dans les commentaires revient à truquer des recommandations, et la sanction frappe les deux parties. Série sur les pratiques punies, troisième volet.
Le maillage interne montrait qu’un lien transmet de l’importance. Les liens venus d’autres sites en transmettent davantage encore : Google les lit comme des recommandations, un site qui en cite un autre se porte garant. Toute une industrie s’est donc construite sur une idée simple : fabriquer de fausses recommandations. C’est ce que les règles anti-spam nomment le spam de liens.
Les visages du commerce de liens
L’achat direct, d’abord : tant de francs pour un article contenant votre lien sur un site tiers. Le démarchage arrive par courriel, en anglais souvent, en français de plus en plus : « nous proposons des publications sponsorisées avec lien dofollow ». La règle est explicite : acheter ou vendre des liens à des fins de classement est une violation, et cela inclut le paiement en nature, produit offert contre article lié.
L’échange, ensuite : « lie-moi, je te lie ». Deux boulangers qui se citent parce qu’ils se connaissent, c’est le web normal. Des dizaines d’échanges croisés organisés pour le classement, des annuaires construits pour cela, des « partenaires » en pied de page qui n’ont jamais été des partenaires : c’est le schéma que la règle vise, le partenariat de façade dont le seul produit est le lien.
Le semis, enfin : déposer son lien partout où un champ de texte l’accepte, commentaires de blogs, forums, signatures. Google le range dans le même spam, et le résultat pratique est connu : la plupart des sites marquent ces espaces d’attributs qui neutralisent les liens, si bien qu’on récolte le risque sans même l’avantage espéré.
Pourquoi la sanction est lourde, et pour qui
Le lien truqué ne trompe pas seulement le chercheur : il empoisonne l’instrument de mesure lui-même, la partie du classement qui repose sur ce que les sites disent les uns des autres. C’est pour cela que la réponse est sévère et frappe les deux bouts : le site qui vend sa recommandation perd sa capacité à en donner, celui qui l’achète voit ses liens ignorés ou son classement chuter, et l’action manuelle pour liens artificiels est l’une des plus fréquentes.
Le piège du client est le même qu’au volet précédent, en pire : les forfaits « netlinking » à quelques centaines de francs sèment des liens dont vous ignorez tout, sur des sites que vous ne verrez jamais, et le nettoyage, lien par lien, coûte plus cher que la campagne. Demandez toujours à un prestataire la liste exacte des liens créés et leur provenance ; le refus est une réponse.
Ce qui reste permis, et qui suffit
Gagner des liens n’est pas interdit, c’est tout l’enjeu : ce qui est puni, c’est de les fabriquer. Les liens qui comptent viennent de la réalité de votre activité : l’association dont vous êtes membre, la presse locale qui couvre votre chantier, le fournisseur qui liste ses revendeurs, le club que vous sponsorisez, réellement. Un site suisse de PME n’a pas besoin de cent liens ; il a besoin de dix liens vrais, et ceux-là ne s’achètent pas, ils se méritent avec le temps.
Prochain volet : le camouflage, ou l’art de montrer au robot une autre page qu’au visiteur, et son cousin, la redirection trompeuse.
Qui écrit ces notes
Ce journal est tenu par l’atelier qui conçoit et entretient les sites de la maison. Tout ce qui est décrit ici, la Search Console, le maillage, la fiche d’établissement, fait partie du travail livré avec un site : si vous préférez que quelqu’un s’en charge, c’est précisément le métier.