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Le cloaking et les redirections trompeuses

Montrer une page au robot de Google et une autre au visiteur, ou rediriger l'humain ailleurs que là où il croyait aller : le camouflage est la tricherie la plus franche du catalogue, et l'une des plus durement punies. Série sur les pratiques punies, quatrième volet.

3 min de lecture

Les volets précédents décrivaient des exagérations, du vrai contenu poussé trop loin. Ici, on change de nature : le cloaking, camouflage en français, consiste à servir délibérément deux contenus différents, un pour le robot de Google, un pour l’humain. C’est la tricherie la plus franche du catalogue, et les règles anti-spam la traitent comme telle.

Le mécanisme

Techniquement, rien de mystérieux : quand une page est demandée, le serveur sait qui demande, et peut reconnaître le robot de Google à sa signature. Le site camouflé lui sert alors une page respectable, riche du vocabulaire qu’il faut, pendant que le visiteur humain reçoit tout autre chose, une page de vente agressive, un contenu sans rapport, parfois pire. Le moteur classe la page qu’on lui a montrée ; le chercheur clique et découvre celle qu’on lui a cachée.

La parenté avec le texte caché du deuxième volet saute aux yeux : c’est le même geste, montrer deux visages, porté de l’échelle du paragraphe à celle de la page entière. Et la déloyauté est totale, puisque le résultat de recherche devient une promesse dont la page tenue derrière n’a plus rien à voir.

Les redirections sournoises

Variante du même principe, que Google traite séparément : la redirection trompeuse. La page indexée existe bel et bien, mais quiconque y arrive est aussitôt renvoyé ailleurs, vers une destination qui n’a rien à voir avec ce que le résultat promettait. Certains montages ne redirigent que les visiteurs sur téléphone, ou seulement ceux qui viennent de Google, précisément pour que le propriétaire du site et le robot, eux, ne voient jamais rien d’anormal.

À distinguer absolument des redirections légitimes, qui sont un outil normal du web : un site qui déménage d’adresse, une page fusionnée avec une autre, une version d’essai ramenée vers la page en vigueur. Le critère est toujours le même : la redirection honnête amène le visiteur là où il voulait aller, sous une autre adresse ; la redirection sournoise l’amène là où quelqu’un d’autre voulait qu’il aille.

Pourquoi cela vous concerne : le cas du site piraté

Voici le point qui justifie ce volet pour un lecteur honnête : le cloaking et les redirections sournoises sont la charge utile classique d’un piratage. Un site de PME compromis continue de fonctionner normalement pour son propriétaire, c’est voulu, pendant qu’il sert du spam pharmaceutique au robot ou redirige les visiteurs venus de Google vers des pages frauduleuses. Google sanctionne le contenu piraté en le déclassant ou en l’excluant, et affiche des avertissements qui ruinent la confiance durement acquise.

Les défenses sont celles qu’on a déjà dites ailleurs : un site tenu à jour, et un compte Search Console ouvert, car c’est là qu’arrivent les alertes de sécurité et les actions manuelles. Un test simple de temps en temps : cherchez votre propre site sur Google et cliquez le résultat depuis un téléphone. Si vous n’arrivez pas chez vous, vous savez qu’il faut appeler à l’aide aujourd’hui, pas le mois prochain.

Prochain volet : le contenu fabriqué en masse, les domaines expirés qu’on recycle, et la réputation d’autrui qu’on squatte.

Qui écrit ces notes

Ce journal est tenu par l’atelier qui conçoit et entretient les sites de la maison. Tout ce qui est décrit ici, la Search Console, le maillage, la fiche d’établissement, fait partie du travail livré avec un site : si vous préférez que quelqu’un s’en charge, c’est précisément le métier.

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