Le bourrage de mots-clés et le texte caché
Répéter cent fois les mêmes mots, ou les écrire en blanc sur fond blanc : les deux plus vieilles tricheries du référencement, pourquoi Google les nomme dans ses règles, et à quoi les reconnaître. Série sur les pratiques punies, deuxième volet.
On commence par les tricheries les plus anciennes, parce qu’elles reviennent sans cesse sous des habits neufs, et parce qu’elles figurent toujours, nommément, dans les règles anti-spam de Google.
Le bourrage de mots-clés
L’idée naïve : si Google classe les pages qui contiennent les mots de la requête, une page qui les contient cent fois sera cent fois mieux classée. D’où ces paragraphes qu’on lit encore : « Votre plombier à Fribourg pour tout dépannage de plomberie. Notre entreprise de plomberie à Fribourg intervient… » Google nomme cette pratique keyword stuffing et la range explicitement dans le spam : listes de villes empilées sans contenu propre, répétitions au point de ne plus ressembler à du langage, blocs de numéros de téléphone sans valeur ajoutée.
Pourquoi c’est puni : la page ment sur sa substance. Elle imite les signaux d’une page riche sans en avoir le contenu, et chaque lecteur qui y atterrit repart en ayant perdu son temps. Pourquoi c’est en plus une mauvaise affaire, sanction mise à part : le client réel, lui, lit la page, et une page écrite pour un robot fait fuir précisément la personne qu’elle devait convaincre. Le volet « Écrire pour être trouvé » le disait en positif : employer les mots du client, une fois, au bon endroit, vaut mieux que dix répétitions.
À ne pas confondre : nommer sa ville et son métier sur ses pages n’est pas du bourrage, c’est de l’information. La ligne est franchie quand la répétition ne sert plus le lecteur mais le compteur.
Le texte et les liens cachés
Version plus sournoise du même geste : puisque le texte bourré est illisible, cachons-le. Texte blanc sur fond blanc, police de taille zéro, paragraphe repoussé hors de l’écran, mots dissimulés derrière une image : la règle les énumère précisément. S’y ajoutent les liens cachés, un lien posé sur un signe de ponctuation ou sur un mot indétectable, qui existe pour le robot mais pas pour l’œil.
Ici, la déloyauté est chimiquement pure : le contenu est construit pour que le moteur et l’humain voient deux choses différentes. C’est le même principe que le camouflage, auquel un volet entier est consacré plus loin, à l’échelle d’un paragraphe plutôt que d’une page.
Distinction honnête, que Google fait lui-même : les contenus repliés qu’un visiteur peut ouvrir, un accordéon de questions-réponses, un onglet, ne sont pas du texte caché. Le critère est l’intention : caché pour l’utilisateur mais offert au robot, c’est du spam ; replié pour le confort mais accessible d’un geste, c’est de la mise en page.
Le test du client
Un test suffit pour les deux pratiques : lisez la page à voix haute, et sélectionnez tout son texte avec la souris. Si la lecture est pénible par répétition, ou si la sélection révèle des lignes que vous n’aviez jamais vues, vous savez. Faites ce test sur votre propre site si un prestataire s’en est « occupé » : c’est votre domaine qui porte le risque.
Prochain volet : les liens qu’on achète, qu’on échange et qu’on sème, et pourquoi le trafic de recommandations truquées est le plus sévèrement traité.
Qui écrit ces notes
Ce journal est tenu par l’atelier qui conçoit et entretient les sites de la maison. Tout ce qui est décrit ici, la Search Console, le maillage, la fiche d’établissement, fait partie du travail livré avec un site : si vous préférez que quelqu’un s’en charge, c’est précisément le métier.