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Réglementation du web / Suisse

Ce que le droit suisse demande à un site internet

La Suisse est plus souple que l’Union européenne sur les cookies, et plus stricte qu’on ne le croit sur la responsabilité personnelle. Les quatre points ci-dessous couvrent la quasi-totalité des cas d’un site de présentation ou d’un site éditorial.

Dossier vérifié le 27 juillet 2026.

Faut-il une déclaration de protection des données ?

Dès que le site traite des données personnelles, oui. Et le seuil est bas : un formulaire de contact suffit, une adresse de courriel qui arrive dans une boîte suffit, les journaux du serveur qui consignent les adresses IP suffisent.

La loi fédérale sur la protection des données révisée est en vigueur depuis le 1er septembre 2023. Elle impose au responsable du traitement d’informer la personne concernée, au moment de la collecte, de son identité, de la finalité du traitement et des destinataires éventuels. Une page de confidentialité est la manière ordinaire de remplir ce devoir.

L’abréviation « nLPD », très répandue, désignait le projet de révision. Depuis l’entrée en vigueur, le texte s’appelle simplement LPD.

Faut-il une bannière de cookies ?

Pas au sens européen du terme. Le droit suisse repose sur l’art. 45c let. b de la loi sur les télécommunications, qui autorise le traitement de données sur l’appareil d’un tiers à condition que l’utilisateur soit informé du traitement et de sa finalité, et qu’il soit rendu attentif à la possibilité de le refuser. C’est un régime d’opposition, pas de consentement préalable.

Cette souplesse a des limites nettes. Dans son guide sur les cookies, dont la version révisée date du 6 octobre 2025, le Préposé fédéral retient que la publicité personnalisée peut exiger un consentement, en particulier lorsque des cookies tiers permettent de profiler une personne à travers plusieurs sites. Les données de localisation reçoivent le même traitement, parce qu’elles autorisent des déductions sur des aspects essentiels de la personnalité.

En pratique, la ligne de partage est simple à retenir. Une mesure d’audience anonymisée et hébergée par vous se contente d’une information et d’un droit d’opposition visible. Une régie publicitaire, un pixel de réseau social ou un outil qui suit le visiteur d’un site à l’autre vous font basculer dans le régime du consentement, et généralement aussi dans celui du RGPD.

Quelles indications doivent figurer sur le site ?

L’art. 3 al. 1 let. s de la loi contre la concurrence déloyale vise celui qui propose des biens ou des services par commerce électronique. Il lui impose d’indiquer clairement son identité et son adresse de contact, y compris électronique, d’informer sur les différentes étapes techniques de la commande, de mettre à disposition un moyen de détecter et de corriger les erreurs de saisie avant l’envoi, et de confirmer la commande sans délai par voie électronique.

Un site de simple présentation, qui ne vend rien en ligne, sort de cette disposition. Publier tout de même son identité et une adresse de contact reste la pratique constante, et c’est ce qu’un visiteur cherche en premier quand il se demande à qui il a affaire.

L’inscription au registre du commerce est une question distincte. Une raison individuelle n’y est tenue qu’à partir de 100 000 francs de recettes annuelles. En dessous, l’absence de numéro IDE au registre n’est pas une omission : il n’y a rien à publier.

Le site doit-il être accessible ?

La loi sur l’égalité pour les personnes handicapées vise les prestations des collectivités de droit public, les entreprises au bénéfice d’une concession d’infrastructure ou de transport de voyageurs, et certains prestataires privés dans des domaines énumérés. Le site vitrine d’une petite entreprise ordinaire n’entre pas dans ce cadre, et aucune norme technique ne lui est imposée par ce texte.

Cela règle la question de l’obligation, pas celle de l’intérêt. Un site conforme aux recommandations WCAG au niveau AA se lit au clavier, se laisse agrandir, garde ses contrastes et reste compréhensible pour un lecteur d’écran. Ces mêmes propriétés le rendent lisible sur un téléphone au soleil et compréhensible par un moteur de recherche.

Une entreprise suisse qui s’adresse à des consommateurs de l’Union européenne relève, elle, d’un régime distinct depuis le 28 juin 2025. La question est traitée dans le volet européen de ce dossier.

Que risque-t-on vraiment ?

Une particularité suisse mérite d’être connue, parce qu’elle est régulièrement passée sous silence. Les amendes prévues par la LPD, jusqu’à 250 000 francs, sont pénales et frappent la personne physique responsable, pas l’entreprise. Le dirigeant répond sur son propre patrimoine.

Le contentieux quotidien est pourtant ailleurs. Le PFPDT ouvre des enquêtes et publie des recommandations, et c’est la mise en conformité forcée, la mauvaise presse et le temps perdu qui coûtent, bien avant l’amende.

La suite

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