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Un site en plusieurs langues sans se saboter

Une adresse par langue, des balises qui déclarent les correspondances, et un titre propre à chaque version : les trois règles d'un site multilingue qui ne se cannibalise pas. Série SEO pour non-initiés, huitième volet.

3 min de lecture

En Suisse, la question se pose vite : le site doit-il parler allemand, français, italien, anglais ? Dès que la réponse en compte deux, une mécanique particulière s’impose, et les erreurs y sont plus coûteuses qu’ailleurs parce qu’elles se multiplient par le nombre de langues.

Une langue, une adresse

Première règle, tirée de la documentation sur les sites multirégionaux et multilingues : chaque version linguistique vit à sa propre adresse. votre-site.ch/fr/ et votre-site.ch/de/, ou des domaines distincts, peu importe la formule, pourvu que chaque langue ait la sienne. Ce qu’il ne faut jamais faire, c’est servir des langues différentes à la même adresse selon le visiteur, par détection de sa langue ou de sa position : le robot de Google explore le plus souvent depuis les États-Unis, il ne verrait qu’une seule des versions, et les autres n’existeraient pour personne. Proposer le changement de langue, oui ; l’imposer par redirection automatique, non.

Déclarer les correspondances

Deuxième règle : dire à Google que la page française et la page allemande sont la même page en deux langues. Cela se fait par les annotations hreflang, documentées ici, qui relient entre elles les versions d’une même page. Le bénéfice est direct : Google sert la bonne langue à la bonne personne, et comprend que ces pages se traduisent au lieu de se concurrencer. Les annotations doivent être réciproques, chaque version pointant vers toutes les autres ; c’est fastidieux à la main et c’est précisément le genre de chose qu’un outil de création de site correct fait tout seul. La question à poser à votre prestataire tient en une phrase : les hreflang sont-ils générés, et réciproques ?

Traduire aussi ce qui ne se voit pas

Troisième règle, la plus souvent négligée : le titre et la description de chaque page, ces deux lignes dont le sixième volet a montré qu’elles décident du clic, doivent être traduits comme le reste. Le défaut classique est une traduction soignée du contenu, avec des titres et descriptions restés dans la langue d’origine, parce qu’ils sont saisis ailleurs dans l’outil et que personne n’y a pensé. Résultat : dix pages allemandes coiffées du même titre français. Pour Google, des pages au titre identique se ressemblent ; pour le lecteur germanophone, un titre français sous une requête allemande est un résultat qu’on ne clique pas.

Traduire à moitié est pire que ne pas traduire

Une version linguistique est un engagement : elle sera jugée comme un site à part entière. Trois pages traduites sur trente, des formulaires qui repassent au français, des gabarits à moitié traduits font une version fantôme qui déçoit le visiteur et encombre l’index. Mieux vaut deux langues complètes que quatre à moitié. Et l’ordre des langues est une décision commerciale avant d’être technique : on commence par la langue de sa clientèle réelle, pas par l’anglais par principe. C’est aussi la règle que l’atelier applique à ses propres chantiers : une version se rédige, elle ne se traduit pas à la machine.

Prochain volet : la FAQ, ou l’art de répondre aux questions que les gens tapent vraiment.

Qui écrit ces notes

Ce journal est tenu par l’atelier qui conçoit et entretient les sites de la maison. Tout ce qui est décrit ici, la Search Console, le maillage, la fiche d’établissement, fait partie du travail livré avec un site : si vous préférez que quelqu’un s’en charge, c’est précisément le métier.

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