Passer d’une page à l’autre sans clignoter
Le flash blanc entre deux pages servait à vendre des sites lourds et coûteux. Les navigateurs l’évitent seuls : un site simple peut être aussi fluide.
Pendant dix ans, la même phrase a servi à vendre des sites complexes : « un site classique clignote quand on change de page, une application web, non ». C’était vrai. Chaque navigation démontait tout et remontait tout, et l’œil voyait le blanc entre les deux. Pour l’éviter, on remplaçait la navigation du navigateur par un mécanisme maison, qui interceptait chaque clic, allait chercher le contenu et remplaçait un morceau de la page.
Ce choix a un coût que le client ne voit pas au moment du devis. Un site bâti ainsi est plus lourd à charger, plus long à fabriquer et plus délicat à faire évoluer. Le bouton « précédent » finit par se tromper quelque part, le lien partagé par courriel n’ouvre pas toujours la bonne page, et chaque mise à jour du mécanisme demande un technicien. Tout cela pour éviter un clignotement.
Ce que le navigateur fait maintenant tout seul
Les navigateurs récents savent désormais fondre l’ancienne page dans la nouvelle, avec une simple déclaration dans la mise en forme du site. Le mécanisme porte le nom de « transitions de vue ». Ils prennent une image de la page que l’on quitte, une de celle que l’on ouvre, et passent doucement de l’une à l’autre. Le flash disparaît, la navigation reste celle que le visiteur connaît, et rien n’est ajouté au poids du site.
Le fondu par défaut suffit dans la plupart des cas. Quand un élément se retrouve d’une page à l’autre, le logo par exemple, on peut demander au navigateur de le laisser en place plutôt que de le fondre avec le reste. Il faut alors veiller à un seul détail : deux éléments qui portent le même nom sur la même page annulent l’effet, ce qui arrive vite dans une liste de vignettes.
Une chose que le navigateur ne fait pas à notre place, et qui est la faute la plus fréquente : couper l’effet pour les personnes qui l’ont demandé dans les réglages de leur appareil. Un fondu de deux cents millisecondes ne gêne personne. Un glissement latéral appliqué à toute la page en gêne beaucoup. Sur ce site, tout mouvement s’arrête dès que ce réglage est actif.
Et chez ceux qui n’ont pas le dernier navigateur
Les navigateurs les plus répandus gèrent ce fondu depuis 2024, mais pas tous. La dégradation est ici la meilleure possible, et c’est l’argument décisif : un navigateur qui ne connaît pas la déclaration l’ignore et navigue comme il l’a toujours fait. Il n’y a rien à prévoir, rien à tester en double, aucune solution de secours à fabriquer. La page ne perd pas une fonction, elle perd un fondu.
Ce que cela change pour un site de présentation
L’argument du confort de navigation était le dernier argument sérieux en faveur d’un site complexe pour un contenu qui ne l’est pas. Il vient de tomber.
Restent les vrais cas où l’on a besoin d’une application : un tableau de bord, un éditeur, un formulaire à plusieurs étapes qui garde ses réponses en mémoire. Un magazine, un site de présentation, un catalogue, une documentation n’en font pas partie et n’en ont jamais fait partie. Ils y allaient pour ne pas clignoter. Le même raisonnement vaut pour les effets d’apparition, pour la coupure des titres et pour le chargement de la page suivante avant le clic, que nous écartons ici pour une raison inverse. Pour un client, la conséquence est directe : un site simple coûte moins cher à faire, moins cher à entretenir, et il n’a plus rien à envier en confort à un site compliqué. Pour juger sur pièces, les titres du catalogue naviguent déjà ainsi, et la page des prix dit ce que coûte cette simplicité.
Qui écrit ces notes
Ce journal est tenu par l’atelier qui conçoit et entretient les sites de la maison. Tout ce qui est décrit ici, la Search Console, le maillage, la fiche d’établissement, fait partie du travail livré avec un site : si vous préférez que quelqu’un s’en charge, c’est précisément le métier.